Wild camping au Nouveau-Brunswick : notre aventure qui a complètement dérapé
Jun 12, 2026
Wild camping au Nouveau-Brunswick : notre aventure qui a complètement dérapé
Tout a commencé par une excellente idée.
Vous savez, le genre d'idée qui commence toujours par :
« Hey, j'ai vu ça sur Internet. »
Cette fois-ci, notre source d'inspiration s'appelait iOverlander. Une application bien connue des amateurs de vanlife et de camping sauvage qui répertorie des endroits où passer la nuit gratuitement. Maman l'utilisait déjà régulièrement.
Sur papier, c'était parfait.
Des paysages dignes d'une carte postale, des endroits paisibles, loin des foules et, surtout, une bonne dose de liberté.
Nous partons donc pour une aventure de wild camping au Nouveau-Brunswick avec deux véhicules, toute la famille et, évidemment, Ballou le golden retriever.
Départ de Québec.
Aucun camping réservé.
Tente de coffre prête.
Confiance absolue.
Qu'est-ce qui pourrait bien mal tourner?
Premier arrêt : la réalité nous rattrape rapidement
Après une pause pipi d'urgence à Montmagny ... parce qu'un enfant n'avait visiblement pas compris le concept révolutionnaire du pipi avant le départ ... suivie d'un arrêt dîner à Rimouski, nous arrivons enfin à notre premier spot.
Lieu bucolique, calme, parfait…
Saint-Honoré-de-Témiscouata.
Exactement ce qu'on cherchait.
Nous commençons donc à explorer l'endroit indiqué sur l'application lorsqu'un monsieur surgit soudainement en quatre-roues. Très motivé, très fâché, et surtout très clair :
« DÉC***** DE CHEZ MOI, C’EST PRIVÉ ICITTE ! »

Image IA oui, on ne montrera quand même pas la personne
Il nous informe gentiment (en criant😅) que ce spot devrait être retiré de l’application… puis repart exactement comme il est arrivé, en laissant derrière lui notre ego, notre plan A et notre dignité.
- A noter ici que ioverlander est majoritairement fiable, c'est un événement isolé.
Plan B : improviser… dans le noir
Le soleil se couche.
L'heure avance.
Le stress commence à monter.
Je décide alors de reculer dans un petit chemin de campagne.
Grâce à la caméra de recul, je me dis :
« Ça passe. »
Spoiler : ça ne passait pas.
Frein.
Glissement.
Silence.
Quelques secondes plus tard, mon bolide électrique de plus de deux tonnes venait de stationner élégamment deux roues dans un fossé.
Quand ça arrive, tu comprends rapidement que tu viens d'atteindre un nouveau niveau de camping.
Impossible de sortir le char seul.
Pas le choix : j’appelle un remorqueur.
Une soirée romantique... dans un fossé
Pendant que le reste de la troupe trouve refuge dans un camping fermé pour rénovation qui accepte gentiment de nous dépanner pour la nuit, je reste seul avec Ballou dans la voiture. (Évidemment, vous comprendrez ici, que nous voyagions à deux voitures pour plus de confort)

Après 1h25 d’attente, au fond d’un rang où seulement deux voitures sont passées, arrive le seul remorqueur de la région.
Petit monsieur.
Peu loquace.
Mais très efficace.
On a échangé environ trois mots.
Mais c’étaient des mots sincères. (Tourne les roues, roues droites et pèse sur le frein)🤣
Je rejoins finalement la troupe, plus de peur que de mal… et avec une anecdote que je n’ai pas fini d’entendre parler.
Après une nuit sur un matelas gonflable qui se dégonflait lentement mais sûrement (favorisant les rapprochements familiaux non désirés), on prend une grande décision :
Le wild camping avec des enfants, c’est peut-être un peu ambitieux.
Le wild camping c’est quoi?
Le wild camping, ou camping sauvage, consiste à passer la nuit à l'extérieur des campings traditionnels, dans des lieux où cela est permis et dans le respect de l'environnement.
C'est la liberté totale.
Pas de réservation.
Pas de voisins collés.
Pas de piscine chauffée.
Parfois même pas de réseau cellulaire.
Quand tout fonctionne, c'est magique.
Quand ça fonctionne moins bien... ça donne des histoires comme celle-ci.
Comment réussir? Beaucoup d’optimisme et une grande capacité d’adaptation.
Après plusieurs expériences positives en solo, en couple ou avec Ballou, notamment en Gaspésie, au Saguenay, dans Charlevoix et même aux États-Unis, nous avons réalisé que le wild camping avec plusieurs enfants demandait un peu plus de flexibilité.
Ou beaucoup plus de flexibilité.
Direction Petite-Lamèque : enfin le paradis
On opte donc pour une version hybride et trouvons un camping de dernière minute au Nouveau- Brunswick, à Petite-Lamèque.

Et là....Un petit coin de paradis.
Directement au bord de l’eau.
Un paradis aussi pour Ballou, évidemment.
Tellement que c’était plus facile de compter les moments où il était sec que ceux mouillés.
Les jours suivants : randonnées, découvertes, bouffe locale (D'ailleurs, on vous conseille fortement Le Shack a Joe a Shippagan, il a même un menu pour pitou). Le bonheur.

Quand le vent décide de participer au voyage
La veille du départ, Dame Nature décide toutefois d'ajouter un peu de piquant à notre aventure.
Le vent se lève.
Puis il se déchaîne.
Notre tente de coffre commence à plier.
Nous repositionnons les véhicules face au vent et réussissons à survivre à la nuit.
Au matin, pluie et rafales se combinent pour créer un magnifique cocktail de chaos.
En moins de trente minutes, nous replions le camp dans une opération digne d'une équipe olympique.
La tente se plie encore…
Se replie encore…
Et se déchire un peu.
C'est alors que Papa SDF propose l'une de ses célèbres idées douteuses :
Garder la toile protectrice de la tente et en faire un parachute improvisé.

Pendant plusieurs minutes, chacun tente à son tour de contrôler cette immense voile déterminée à nous ridiculiser devant tout le terrain.
Fous rires garantis.
Recharge électrique et golden en mission
Sur le chemin du retour, direction notre arrêt habituel au camping des Aulnaies.
Comme tout bon véhicule électrique, une recharge s'impose.
Les bornes sont là.
Mais leur fonctionnement semble avoir été conçu par quelqu'un qui déteste profondément les humains.
Pendant que Papa SDF tente de comprendre comment activer la borne, le reste de la famille part marcher.
Trente secondes plus tard, tout le monde revient plié en deux.
Ballou est complètement trempé.
La question est simple :
Comment?
Sauf si tu décides de courir comme un fou, de renverser Rosy au passage et de plonger directement dans une fontaine pour aller chercher une lumière au fond du bassin.
Quand on parle des caractéristiques typiques d'un golden retriever, Ballou coche absolument toutes les cases.

Dernière nuit, version survie
Nous arrivons au camping à la noirceur.
Montage de tente à la lampe frontale.
Réparation de fortune avec du duck tape ( l'outil officiel de tout campeur expérimenté.)
Le souper :
Sachets de riz instant semi-cuits sur feu de bois avec seulement une lampe frontale mais pourtant, c'était parfait, un vrai bonheur simple.
Le lendemain, on démonte tout de façon dysfonctionnelle, récupère Didi (notre autre chien trop vieille pour ce genre de chao) au chalet Mamy SDF et profitons de quelques heures de soleil avant de reprendre la route vers la maison.
Fatigués.
Sales.
Heureux.
Ce qu'on retient vraiment de cette aventure
Avec du recul, ce voyage n'a rien eu de parfait.
- Un terrain privé.
- Un véhicule dans le fossé.
- Une tente qui se déchire.
- Du vent.
- De la pluie.
- Des imprévus à répétition.
Et pourtant, demandez aujourd'hui aux enfants ce dont ils se souviennent.
Ce ne sont pas les moments où tout allait bien.
Ce sont les anecdotes.
Les fous rires.
Les imprévus.
Les moments où toute la famille s'est serré les coudes.
Comme quoi les voyages parfaits font de belles photos.
Mais les voyages imparfaits créent souvent les meilleurs souvenirs. 🧡